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Adaptation

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Clarification des concepts

Le concept d’adaptation

L’adaptation au changement climatique se définit comme l’ensemble des ajustements réalisés pour en limiter les impacts négatifs et en maximiser les effets bénéfiques. La stratégie d’adaptation d’un territoire définit une évolution des modes de développement et de remodelage des activités et une localisation optimale de ces activités. L’objectif de la stratégie d’adaptation est de réduire l’exposition et la vulnérabilité aux aléas climatiques. Les actions d’adaptation supposent, par exemple, d’éloigner les logements des zones inondables, de choisir les variétés de plantes en fonction des nouveaux équilibres, d’ajuster les réseaux énergétiques à la nouvelle structure de consommation, etc. L’adaptation vient en plus, et non à la place, de la réduction des émissions de GES. Il s’agit d’établir un continuum entre atténuation et adaptation.

Adaptation au changement climatique et incertitudes

 

Les incertitudes rendent difficile la définition d’une politique d’adaptation. Elles portent sur :

 

  • le scénario global d’évolution du climat : le phénomène de changement climatique n’aura pas les mêmes conséquences selon l’ampleur des évolutions et de la température du globe (+2°C, +4°C, +6°C) ;
  • la traduction locale des scénarios globaux ;
  • la réponse des grands cycles (l’eau,…), des écosystèmes (la forêt,…) et des sociétés aux changements.

 

Le changement climatique est un processus dynamique continu. Les systèmes s’adaptent à un climat changeant sans cesse : l’adaptation n’est pas une action unique visant à passer d’une situation stable à une autre mais implique un besoin de flexibilité dans les orientations.

 

 

Adaptation spontanée et adaptation planifiée

 

L’adaptation dite spontanée ou réactive répond à un risque avéré. Identifié, le risque a pu se manifester et créer des dommages locaux. Elle n’est pas précédée d’une analyse globale des risques.

 

L’adaptation dite planifiée permet d’anticiper le risque. Elle intègre le facteur « changement du climat » dans les politiques publiques et la gestion des infrastructures et des espaces publics. Elle permet de limiter la maladaptation. Elle doit être privilégiée.

 

Exemples de bonnes pratiques

- Adaptation au changement climatique en Languedoc-Roussillon. Michel PIEYRE, Chef de projet PCET, Conseil général de l’Hérault, rappelle que, du fait de son climat méditerranéen, l’Hérault accueille de nombreuses personnes toute l’année. La tension sur les ressources est très importante, notamment l’eau au moment des pics touristiques qui sont aussi les pics de chaleur. Pour les responsables du département, la réflexion sur le changement climatique était indispensable pour anticiper les vulnérabilités du territoire, notamment en termes économiques (tourisme, viticulture, etc.) L’Hérault a donc élaboré un schéma climatique en se fondant sur des expériences connues : en supposant que les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent sans encadrement législatif, l’Hérault connaîtrait une augmentation de ses températures de l’ordre de 10°C. Il faut donc prévoir une fuite éventuelle des touristes français vers la Bretagne, mais également attendre l’arrivée des touristes qui vivent au-delà de la Méditerranée et dont les pays seraient encore plus sinistrés par le changement de climat. L’Hérault doit repenser stratégiquement son territoire, notamment adapter son offre touristique au changement climatique.

 

- Etude prospective réalisée par l’Agence de l’eau Adour Garonne. Françoise GOULARD, Expert recherche et prospective à l’Agence de l’eau Adour Garonne, explique que, devant le déficit chronique en eau entre la ressource et les usages, la Garonne a choisi de bâtir au lieu de subir. A l’avenir, la diminution des précipitations et l’augmentation des températures aboutiront à une augmentation de l’évapotranspiration qui diminuera encore le volume d’eau dans les rivières et les nappes. L’Agence Adour Garonne a élaboré sept scénarii climatiques en croisant les évolutions sectorielles et les prévisions climatiques : selon les territoires et les publics (agriculture, pôles urbains, industrie, etc.), les usages sont différents. Cinq scénarii principaux se dégagent, dont un scénario tendanciel où rien ne change et donc tout empire, ont été présentés devant environ 150 acteurs.

 

 

vignette vidéo
RETOUR SUR LE COLLOQUE
Interview de Françoise GOULARD, Agence de l’eau Adour Garonne
A quoi les collectivités vont-elles devoir faire face dans les années à venir ? Evaluation de l’impact du changement climatique sur les ressources en eau.

 

 

La maladaptation


La maladaptation caractérise une situation dans laquelle les mesures prises pour s’adapter conduisent à augmenter la vulnérabilité : par exemple, augmentation des émissions de GES du fait de l’installation de climatisations destinées à améliorer le confort thermique d’été.