Skip to Content

Actualités

Imprimer

Vers des villes 100% EnR : quels impacts pour les territoires périurbains et ruraux ?

Le concept de « territoires à énergie positive » est aujourd'hui familier pour beaucoup d'élus et les projets à mettre en œuvre en milieux périurbain et rural pour tracer une trajectoire vers du 100% énergie renouvelable sont assez clairs. Cependant, certains s'interrogent sur la faisabilité d’une telle ambition en milieu urbain. En effet, dans la plupart des cas, une ville ou une métropole, de par sa densité, ne pourra pas produire sur son territoire 100 % des énergies renouvelables nécessaires pour couvrir sa consommation, même si celle-ci est réduite fortement ! Quelles implications pour les territoires périurbains et ruraux des récentes déclarations de villes comme Paris, ou des projets en cours à Barcelone ou Francfort ?

Pour les territoires ruraux, cet appétit croissant des villes pour leurs ressources peut être perçu comme une menace. Les zones rurales sont déjà souvent loin de couvrir leur propre consommation avec des énergies renouvelables locales. Comment envisager d’alimenter d’autres territoires ? Certains territoires ruraux ou périurbains ont également eu à subir par le passé les nuisances des villes (installation d’un incinérateur, d’une décharge, épandage de boues d’épuration…) et ne veulent pas voir leur cadre de vie endommagé pour les besoins des citadins.

Il convient donc de créer une relation gagnant-gagnant entre territoires urbains et ruraux pour que les projets ne soient pas sujets à contestation et que chacun y trouve son compte. Les pistes de coopération sont nombreuses : investissement dans les projets de production d’énergie renouvelable par les collectivités urbaines, aide technique et mise à disposition d’outils ou d’ingénierie mutualisée trop coûteux pour une collectivité rurale (thermographie, étude de faisabilité…), implication dans la mise en œuvre de transports en commun réduisant ainsi les pollutions liées aux trajets pendulaires…

Le développement de ces coopérations peut apporter de nouvelles sources de financements pour les collectivités rurales, notamment au travers de la fiscalité, ainsi que des créations d’emplois et un appui technique. Pour les villes et métropoles, les liens renforcés avec des territoires ruraux assurent un approvisionnement local pérenne et des prix de l’énergie stabilisés.

C’est ici l’occasion de créer un lien gagnant-gagnant entre des territoires urbains et ruraux. Les villes ont tout intérêt à contribuer financièrement ou techniquement au développement de la production d’énergies renouvelables dans les territoires ruraux avoisinants, dans une optique de développement économique et territorial et de résilience.

Dans ce contexte, les Régions peuvent jouer un rôle déterminant d’animation ou de coordination pour mettre en place les outils et la gouvernance permettant d’éviter les conflits pour l’accès aux ressources (par exemple le bois), mais aussi de s’assurer de l’équilibre des pouvoirs entre les territoires ruraux et les métropoles grandissantes.

Enfin, cette tendance des territoires urbains ou ruraux à viser le 100% EnR confirme l’intérêt de pousser la prospective et la planification à un horizon 2050, en ajoutant une réflexion sur ces enjeux qui dépassent les frontières administratives classiques.

Source : Publication RAC, CLER, Energy Cities ; 2016 ; « Vers des villes 100% EnR »

 

Retour d’expériences : des partenariats rural-urbain pour viser le 100% EnR

Brest et le Pays Centre-Ouest Bretagne (COB)


En mars 2015, le Comité Interministériel aux ruralités a décidé d’expérimenter les premiers contrats de réciprocité « ville-campagne » entre des communes et des intercommunalités volontaires. Le principe de ces contrats repose sur une logique « gagnant/gagnant » autour de projets fédérateurs dans des domaines tels que l’alimentation, la protection de l’environnement ou les filières d’excellence agricoles et industrielles propices à activer des démarches de coopération territoriale. Le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) pilote cette expérimentation avec les territoires volontaires dont la métropole de Brest et le pays du Centre-ouest Bretagne (COB).


Brest métropole et le COB suivent deux trajectoires différentes mais complémentaires en termes d’énergies renouvelables. Le pays du Centre Ouest Bretagne s’appuie sur son parc éolien et sur ses ressources en bois. La métropole a développé une infrastructure urbaine où la construction d’une chaufferie bois, en complément de l’incinérateur, doit permettre de renforcer le réseau de chaleur par de nouvelles extensions. La première étape d’état des lieux sur les énergies renouvelables et la réduction des consommations énergétiques doit permettre maintenant à ces territoires de mettre en place des échanges et des projets communs. L’un d’eux sera l’organisation d’un débouché sur le territoire de Brest métropole pour la filière bois-énergie en cours de structuration du COB.

Saint Etienne Métropole et le PNR du Pilat

 

Saint-Étienne Métropole et le Parc naturel régional du Pilat, en s’appuyant sur leurs atouts respectifs et en misant sur leurs complémentarités urbain-rural, ont décidé, au travers d’un programme Territoire à énergie positive, de renforcer leur action en matière d’économie d’énergie et de production d’énergie renouvelable. Pour atteindre l’objectif fixé de 70 % d’énergies renouvelables en 2050, toutes les filières seront déployées : méthanisation agricole et en station d’épuration, solaire photovoltaïque, réseau de chaleur, hydraulique avec le turbinage d’eau potable… Le potentiel est en général plus important en zone rurale où la consommation est, elle, plus réduite, du fait du nombre d’habitants plus faible. Néanmoins, la production d’énergies renouvelables dans les communes rurales pour alimenter, en partie, les zones urbaines n’est pas forcément une évidence. Les communes rurales souhaitent garder la maîtrise des projets réalisés sur leur territoire et s’assurer des retombées locales, y compris financières. Les territoires urbains pourront bénéficier d’une partie de ces énergies renouvelables produites en zones rurales, tout en mettant à disposition des moyens en commun. Ainsi, une « Mission Mobilité » a été déployée et une plateforme de la rénovation énergétique est en cours de mise en place sur le périmètre TEPOS. Les villes pourraient aussi amener leur expertise technique et d’ingénierie. La mise en œuvre d’une gouvernance associant les collectivités et acteurs concernés permet d’aplanir l’une des difficultés possibles dans la relation rural-urbain, la concurrence pour les ressources comme le bois.